Interview : Andréa Massad, auxiliaire de recherche au bureau météorologique d’Islande [is]

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J’ai grandi dans le sud de la France, entre Marseille et Aix-en-Provence, dans une petite ville appelée Fuveau, située au pied de la Sainte Victoire.

J’y ai fait l’intégralité de ma scolarité puis à 18 ans, après avoir passé mon baccalauréat, j’ai commencé par étudier la géologie à la faculté des sciences d’Aix-en-Provence. J’ai très vite manqué d’intérêt pour la géologie mais, pendant ces deux années passées à l’université, j’ai pu suivre des cours d’introduction à la météorologie et l’océanographie et ai décidé de me diriger vers ce domaine d’étude au plus vite.

Pour ma troisième année d’étude post-bac, j’ai pu intégrer l’École Normale Supérieure de Paris au sein du département de Géosciences. Deux parcours étaient alors disponibles : un axé sur les sciences de la Terre (et donc plus dans la continuité de mes études de géologie), un autre ciblé sur l’étude des enveloppes fluides.

J’ai choisi le second parcours et terminé une licence puis un master en dynamique des fluides. Ces études m’ont donné de solides bases théoriques pour mieux comprendre les domaines de la météorologie et de l’océanographie. J’ai également pu mettre en pratique ces connaissances via de nombreux stages dans des laboratoires français et étrangers, dont mon stage de fin d’étude effectué au centre météorologique islandais (Veðurstofa Íslands) sous la direction de Pr. Haraldur Olafsson.

Pour ce stage, nous avons décidé de nous concentrer sur les erreurs de prédictions du vent et de la température en Islande. L’emplacement géographique de l’Islande à haute latitude implique un apport énergétique du Soleil moins important qu’un pays situé plus proche de l’Equateur. Ce manque d’énergie est comblé par les circulations atmosphériques et océaniques qui permettent de redistribuer l’énergie totale reçue par la Terre de façon plus homogène. Qui plus est, la situation insulaire du pays couplée à sa nature montagneuse contribue grandement à la variabilité météorologique dont nous faisons l’expérience chaque jour en vivant ici !

Pour toutes ces raisons, la prévision de la météo en Islande et de certains de ses paramètres tels que la température ou le vent reste compliquée. Le but de notre étude est de comprendre quels processus physiques sont mal représentés dans les modèles numériques et peuvent alors conduire à de grandes erreurs dans la simulation du vent et de la température. Pour le vent par exemple, nous nous sommes rendu compte que l’effet des montagnes sur une masse d’air était souvent mal représenté dans le modèle numérique car très complexe et pouvait alors conduire à une différence de 10 m/s entre simulation et réalité. Mieux comprendre quels processus entraînent des erreurs systématiques permettra de minimiser les différences entre les valeurs données par les modèles et les valeurs réelles et pourra faciliter ensuite le travail des prévisionnistes.

À Vedurstofa Islands, les chercheurs, ingénieurs ou techniciens n’ont pas forcément un travail en lien avec la météorologie : le centre englobe également un laboratoire de sismologie et de volcanologie. Il est ainsi intéressant de pouvoir côtoyer des personnes expertes dans d’autres champs d’étude que les sciences de l’atmosphère. J’ai également eu la chance d’enseigner à l’université ce qui représente une belle opportunité pour un jeune diplômé et serait inenvisageable en France sans possession d’un doctorat.

Dernière modification : 17/12/2015

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