Anniversaire de la signature du Traité de l’Élysée [is]

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Les auteurs de l’article, Herbert Beck, Ambassadeur d’Allemagne en Islande à gauche, Graham Paul, Ambassadeur de France en Islande à droite. / Höfundar greinarinnar, Herbert Beck, þýski sendiherrann á Íslandi til vinstri og Graham Paul, franski sendiherrann til hægri.

Le 22 janvier, date anniversaire de la signature du Traité de l’Élysée entre la France et l’Allemagne en 1963, est l’occasion de célébrer l’amitié entre nos deux pays qui sont l’un pour l’autre le premier partenaire politique, économique, scientifique et culturel.

Il y a donc 55 ans que le Président de la République française Charles de Gaulle et le Chancelier de la République fédérale d’Allemagne Konrad Adenauer ont signé ce traité qui reste le principal cadre de la coopération franco-allemande.

Ce traité n’allait pas de soi. En 1963, les souvenirs de la seconde guerre mondiale, sans parler de la première, sont encore très présents. En l’espace de 70 ans, ce sont trois conflits qui ont opposé et dévasté la France et l’Allemagne. Mais nos deux pays ont réussi à se réconcilier et à transformer leur inimitié séculaire en une relation de confiance, d’estime et de coopération d’une densité incomparable. Aujourd’hui, tous les sondages montrent que l’Allemagne est le pays le plus apprécié des Français et réciproquement. L’histoire n’est donc pas une fatalité, Allemands et Français ont su le prouver.

Peu connu à l’étranger, le Traité de l’Élysée est d’abord une méthode. Cette méthode prévoit, et cela à tous les niveaux de l’État et de l’administration de nos deux pays, un calendrier de rencontres régulières afin de développer un réflexe franco-allemand. Il est ainsi explicitement mentionné que « les deux Gouvernements se consulteront, avant toute décision, sur toutes les questions importantes de politique étrangère, et en premier lieu sur les questions d’intérêt commun, en vue de parvenir, autant que possible, à une position analogue ».

Cette méthode a fait ses preuves. Il n’y a pas deux états dans le monde qui coopèrent plus étroitement, que ce soient au travers des consultations entre le chancelier allemand et le Président français, des rencontres parlementaires, des 2200 jumelages entre villes ou encore des plus de 180 programmes de coopération universitaires et scientifiques, ainsi que des rencontres entre plus de huit millions de jeunes grâce à l’office franco-allemand pour la jeunesse. Deux fois par an, le Conseil des Ministres franco-allemands fixe les orientations et lance de nouvelles initiatives sur le plan bilatéral pour approfondir la relation entre nos deux pays. Les deux ministères des Affaires étrangères coopèrent au quotidien et les échanges de diplomates sont nombreux. Certaines de nos Ambassades et instituts culturels partagent les mêmes locaux, comme c’est le cas, par exemple à Dacca ou à Ramallah. Cette coopération se poursuit : à l’occasion du 55e anniversaire du Traité de l’Élysée, l’Assemblée nationale et le Bundestag adopteront une résolution commune demandant aux deux gouvernements français et allemand de travailler à un nouveau Traité de l’Élysée avec pour objectif de développer de nouveaux projets concrets illustrant la valeur et les avantages de l’amitié et de la coopération franco-allemandes.

Mais la relation franco-allemande est également au service de la construction européenne. C’est dans le cadre franco-allemand que les projets comme ceux du marché unique, de la monnaie commune ou de l’espace Schengen ont germé. Différentes par leur culture, leur histoire, leur système politique et leur processus de décision, la France et l’Allemagne se doivent de rechercher des positions communes, lesquelles servent ensuite souvent de base de discussion au sein de l’Union européenne. S’il revient souvent à l’Allemagne et à la France, en raison de l’étroitesse de leur coopération bilatérale et de leur poids spécifique (40 % du PIB de l’UE et 30 % de sa population), de susciter de nouvelles idées, la décision est toujours prise au niveau européen par l’ensemble des membres de l’Union. Dans ce contexte, nos deux pays assument leur responsabilité face à l’histoire et à l’avenir d’un continent qui, pour exister, se doit d’agir collectivement. Cette responsabilité partagée ne s’arrête pas aux frontières de l’Union européenne mais inclus également, conformément aux accords avec des États non-membres, d’autres pays européens comme l’Islande.

Le Traité de l’Élysée, geste courageux de dirigeants politiques visionnaires, illustre encore aujourd’hui la vitalité de la relation franco-allemande et la volonté commune de nos deux pays de contribuer ensemble à la construction d’une Europe qui n’est pas seulement un espace économique mais une communauté de destin et de valeurs.

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Adenauer et de Gaulle, ayant signé le traité d’Élysée, voir la vidéo liée.
Adenauer og de Gaulle eftir undirritun Élysée-sáttmálans, sjá upptöku á þessum tengli.

Dernière modification : 21/01/2018

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