André Courmont, le premier professeur de français à l’Université d’Islande 1911-1913 et consul de France en Islande 1917-1923 [is]

Au journal Morgunbladid jeudi dernier, il y avait un article intéressant sur André Courmont, un homme extraordinaire, qui faisait partie de la vie spirituelle en Islande dans les années autour de la Première Guerre mondiale.
André Courmont, á konsúlsárunum. - JPEG

André Courmont était le fils d’un patron d’imprimerie extrêmement riche. Il fut un étudiant brillant, qui gagna la première place sur 200 concurrents lors d’un concours en France et il fit des études remarquables à l’université de Cambridge. Il aurait certainement pu être une figure importante du monde intellectuel français de l’époque. À vingt ans, il fait la connaissance à Paris d’un Islandais nommé Jonas de Hrifla, qui sera plus tard l’un des hommes politiques les plus importants d’Islande. En 1911, il se rend en Islande pour travailler à l’université qu’on venait d’y fonder. Pendant les deux premières années universitaires, de 1911 à 1913, il enseigne le français, et jouit d’une grande popularité. Il parle alors si bien islandais que les Islandais eux-mêmes ne savent pas qu’il est étranger, et les témoignages de ses écrits montrent un vocabulaire extrêmement riche et savoureux. En 1913, il retourne en France pour son service militaire et c’est au cours de cette période que la Grande Guerre démarre. Il se bat alors au front, et est grièvement blessé, mais en 1917, s’étant un peu rétabli, il est envoyé en Islande en tant que consul français. À la fin de 1923, il repart pour la France, mais se suicide seulement un mois après son retour, à 33 ans. Deux de ses grands amis, des hommes islandais illustres du vingtième siècle, ont écrit des nécrologies remarquables sur lui : Jonas de Hrifla, qui lui a consacré toute la une de son hebdomadaire « Timinn » (Le temps), et le professeur Sigurdur Nordal dans le magazine « Eimreidin » (La locomotive).

La rapidité à laquelle Courmont a appris l’islandais est impressionnante. On l’a à cet égard comparé à l’un des plus grands philologues du XIXe siècle, le Danois Rasmus Kristian Rask. Des lettres et des articles qu’il a écrits montrent bien sa maîtrise de la langue, voir les liens ci-dessous.

Courmont a aimé passionnément l’Islande, ses arts et sa littérature, sans parler du cheval islandais. Il connaissait de façon extensive les paysages islandais, et il avait des amis à travers tout le pays. C’est lui qui a donné le nom « Granni » (Voisin) à la cascade qui se trouve tout près de Haifoss. Il était passionné de photographie, et a pris de nombreuses photos en Islande, qui sont probablement les premières photos en couleur de ce pays. La mentalité islandaise le séduisait beaucoup, même s’il a été un peu déçu lors de son retour en Islande vers la fin de la Grande Guerre, où il trouvait qu’une certaine cupidité s’était emparé de Reykjavik.

Il est tombé amoureux de Svanhildur, fille du célèbre poète Thorsteinn Erlingsson. Malgré ses 15 ans, c’était une jeune fille belle, intelligente et cultivée. Il lui a appris le français et l’anglais et a fréquenté le cercle autour d’elle. Il existe des photos exceptionnelles qu’il a prises de Svanhildur, y compris des photos en couleur, dans le paysage islandais et à la résidence du consul français à Skalholtsstigur 6, maintenant la Résidence de France à Reykjavik.

L’astrophysicien Thorsteinn Saemundsson est le fils de Svanhildur. Il détient de nombreuses photos prises par Courmont et 65 lettres écrites à Svanhildur. Dans ces lettres, on peut lire qu’il l’a demandé en mariage, proposition qu’elle déclina. Des rumeurs à Reykjavik voulaient que Courmont se soit suicidé de chagrin d’amour. Thorsteinn Saemundsson prétend, sans doute en se basant sur les lettres écrites par Courmont, qu’il était déprimé sur ses derniers mois parce que l’expérience de la guerre lui pesait si lourdement qu’il n’a pu, à la fin, faire face à la vie. Sigurdur Nordal et Jonas de Hrifla font allusion à justement cet état d’esprit dans leurs nécrologies.

Les photos dans cet article sont publiées avec l’aimable permission de Thorsteinn Saemundsson.

Hestar Courmonts í garðinum á Skálholtsstíg 6. Næpan í baksýn.
Hestar Courmonts í garðinum á Skálholtsstíg 6. Næpan í baksýn.
Hestar Courmonts í garðinum á Skálholtsstíg 6. Næpan í baksýn.
Courmont með tvo hesta sína í garðinum við Skálholtsstíg 6. / Courmont avec deux de ses chevaux dans le jardin de sa résidence à Skálholtsstígur à Reyjavík.
Courmont með tvo hesta sína í garðinum við Skálholtsstíg 6. / Courmont avec deux de ses chevaux dans le jardin de sa résidence à Skálholtsstígur à Reyjavík.
Courmont með tvo hesta sína í garðinum við Skálholtsstíg 6.
Svanhildur Þorsteinsdóttir og André Courmont.
Svanhildur Þorsteinsdóttir og André Courmont.
Svanhildur Þorsteinsdóttir og André Courmont.
Svanhildur Þorsteinsdóttir og André Courmont.
Svanhildur Þorsteinsdóttir og André Courmont.
Svanhildur Þorsteinsdóttir og André Courmont.
Courmont í viðhafnarklæðnaði, á Skálholtsstíg 6.
Courmont í viðhafnarklæðnaði, á Skálholtsstíg 6.
Courmont í viðhafnarklæðnaði, á Skálholtsstíg 6.
André Courmont á unglingsárunum. / Courmont adolescent.
André Courmont á unglingsárunum. / Courmont adolescent.
André Courmont á unglingsárunum.
André Courmont kennari við Háskóla Íslands 1913. / Courmont, professeur de français à l'Université d'Islande, 1913.
André Courmont kennari við Háskóla Íslands 1913. / Courmont, professeur de français à l’Université d’Islande, 1913.
André Courmont kennari við Háskóla Íslands 1913.
André Courmont í herskrúða. / Courmont en uniforme militaire.
André Courmont í herskrúða. / Courmont en uniforme militaire.
André Courmont í herskrúða.
Svanhildur Þorsteinsdóttir, hægra megin, ásamt vinkonu sinni við tröppurnar að Skálholtsstíg 6, einhvern tíma í kringum 1920. / Svanhildur à droite, avec son amie devant l'actuelle Résidence de France, vers 1920.
Svanhildur Þorsteinsdóttir, hægra megin, ásamt vinkonu sinni við tröppurnar að Skálholtsstíg 6, einhvern tíma í kringum 1920. / Svanhildur à droite, avec son amie devant l’actuelle Résidence de France, vers 1920.
Svanhildur Þorsteinsdóttir, hægra megin, ásamt vinkonu sinni við tröppurnar að Skálholtsstíg 6, einhvern tíma í kringum 1920.
Svanhildur Þorsteinsdóttir.
Svanhildur Þorsteinsdóttir.
Svanhildur Þorsteinsdóttir.
Svanhildur Þorsteinsdóttir á Skálholtsstíg 6.
Svanhildur Þorsteinsdóttir á Skálholtsstíg 6.
Svanhildur Þorsteinsdóttir á Skálholtsstíg 6.
Svanhildur Þorsteinsdóttir á Skálholtsstíg 6. / Svanhildur Thorsteinsdottir à l'actuelle Résidence de France.
Svanhildur Þorsteinsdóttir á Skálholtsstíg 6. / Svanhildur Thorsteinsdottir à l’actuelle Résidence de France.
Svanhildur Þorsteinsdóttir á Skálholtsstíg 6.
André Courmont, á konsúlsárunum.
André Courmont, á konsúlsárunum.
Í bíltúr frá Reykjavík : Bílstjórinn, Egill Vilhjálmsson, síðar bílasali, Guðrún Jónsdóttir, Svanhildur Þorsteinsdóttir og Erlingur Þorsteinsson, síðar háls-, nef- og eyrnalæknir í Reykjavík.
Í bíltúr frá Reykjavík : Bílstjórinn, Egill Vilhjálmsson, síðar bílasali, Guðrún Jónsdóttir, Svanhildur Þorsteinsdóttir og Erlingur Þorsteinsson, síðar háls-, nef- og eyrnalæknir í Reykjavík.
Í bíltúr frá Reykjavík : Bílstjórinn, Egill Vilhjálmsson, síðar bílasali, Guðrún Jónsdóttir, Svanhildur Þorsteinsdóttir og Erlingur Þorsteinsson, síðar háls-, nef- og eyrnalæknir í Reykjavík.
Konsúllinn við störf sín á Skálholtsstíg 6 sem var bústaður og vinnustaður konsúlsins og er nú embættisbústaður sendiherra Frakklands. / Le consul au travail, dans l'actuelle Résidence de France.
Konsúllinn við störf sín á Skálholtsstíg 6 sem var bústaður og vinnustaður konsúlsins og er nú embættisbústaður sendiherra Frakklands. / Le consul au travail, dans l’actuelle Résidence de France.

Des sources sur Courmont (en islandais) :

Dernière modification : 03/10/2017

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